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Photo: Mario Del Curto

POUR UN OUI OU POUR UN NON

Texte Nathalie Sarraute
Mise en scène Jacques Lassalle
Coproduction Théâtre national de la Colline Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E.
Compagnie Jacques Lassalle, Pour Mémoire

«C'est bien ça!» Cette petite phrase, lâchée comme ça, déclenche un face à face qui démaille une vieille amitié entre deux hommes. La fugue sarrautienne, mine de rien, met en jeu l'angoisse et la radicale solitude de l'un devant le « non » sans retour de l'autre. « Comme une drôlerie de survie », dirait Jacques Lassalle. Pas un mot, un silence ou un point de suspension de trop dans cette partition textuelle qui exige la présence intransigeante des interprètes. La mise en scène opère sur la crête des mots et des gestes, entre le dehors et le dedans d'une sous-conversation, finalement : entre soi et l'autre ou, plus encore, entre deux facettes du moi : l'une qui veut la reconnaissance du monde et l'autre qui retraite, cherche la voie intérieure. Un théâtre comme le lieu-dit de l'homme.

Text by Nathalie Sarraute
Directed by Jacques Lassalle
Coproduction Théâtre national de la Colline Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E.
Compagnie Jacques Lassalle, Pour Mémoire

"That's it exactly!" This little sentence, slipped into conversation, starts a confrontation that unravels an old friendship between two men. Nathalie Sarraute's fugue casually reveals the anguish and radical solitude of one man, given the unequivocal "no" of the other "like a comedy of survival," as Jacques Lassalle might say. There is not a single extraneous word, silence or point of suspension in this textual score, which requires an uncompromising presence on the part of the actors. The staging rides on the crest of words and gestures, between the exterior and interior of a subtext in the end, between the self and the other, between two facets of the ego. One seeks the world's approval, while the other retreats to pursue the inner path. This is theatre as the abode of man.