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Photo: Anne-Marie Charette

UNIDENTIFIED HUMAN REMAINS AND THE TRUE NATURE OF LOVE

Crow's Theatre
Texte: Brad Fraser
Mise en scène: Jim Millan.

Le titre tient sa promesse : une farce douloureuse moitié tendresse et moitié frissons, qui nous arrive de l'Ouest portée par la controverse. Dans l'espace flottent des ilôts, lit, bar, futon, où évolue une faune bigarrée qui se cherche à coups de répondeurs téléphoniques, qui se délecte de récits macabres, qui ne s'étonne plus de rien et qui danse entre sexe, violence et vide existentiel. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un né après 1960 à qui il ne manque pas quelque chose, lance l'un des protagonistes avec désinvolture. L'Edmonton dépeinte par Brad Fraser est presque dostoïevskienne : ruelles inquiétantes, isolement culturel, cercles étroits de personnages écorchés perdus quant à leurs désirs. Le suspense? Un psychotique en liberté tue et démembre des femmes. La quête? Réapprivoiser un sentiment amoureux que la décennie actuelle ne sait plus reconnaître. Le choc : une écriture acérée qui fait rire et fait peur, qui manie les traits d'esprit du même mouvement qu'elle plonge avec lucidité au coeur même de la tragédie.

 


Crow's Theatre
Written by Brad Fraser, directed by Jim Millan.

He play is true to its title: a painful farce, part tenderness and part shudders of horror, that arrives from the west in a swirl of controversy. Fragments of stage float in space—bed, bar, futon—where a motley assortment of characters in search of their identity leave messages on each other's answering machines, revel in gruesome tales, have seen it all and bob from sex to violence to an existential void. I've never met anyone born after 1960 who wasn't incomplete somehow, one of the protagonists remarks offhandly. Brad Fraser's Edmonton is almost Dostoyevskian with its unnerving alleys, its cultural isolation, its small circles of tormented souls at a loss as to what they desire. The suspense? A psychotic roams at large, killing and dismembering women. The quest? To rediscover love, an emotion that the current decade is incapable of recognizing. The shock: Scathing writing that makes us laugh and yet frightens us, that wields wit skilfully as it plunges lucidly to the very heart of tragedy.



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