
Un mal pour un bien
Mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Sous la plus sage des eaux sommeille parfois le plus ravageur des volcans. Mygale nous le rappelle en cuisinant nos nerfs à petit feu. Les quatre paumés de son monde interlope ont beau faire des efforts pour se rapprocher, ils sont cloués à la violence. Leurs tentatives d’aborder l’autre avec douceur sont vaines. Même le silence grésille de la charge mentale qu’ils trimballent. Cœurs blindés et écorchés vifs patinent de concert dans l’impasse. Les rires sont nerveux ; les actes, imprévisibles. « Il va pleuvoir du sang », annonce une interprète. Et d’une scène à l’autre, le suspense est total.
Jeune créateur à la frontière des genres, Nicolas Cantin s’aventure avec audace sur les pentes glissantes de l’intimité. En étirant le temps et en misant sur l’extrême présence de ses interprètes, il dévoile le versant noir de la fragilité.
Tarif régulier : 28 $
30 ans et - / 65 ans et + : 23 $
Les pieds dans la marge
Après une formation inachevée au Conservatoire de théâtre d’Avignon et diverses expériences à Paris, Nicolas Cantin trouve sa voie dans l’art du clown et du masque. Nourri par les enseignements de maîtres comme Mario Gonzales, il développe les éléments au cœur de son travail aujourd’hui : une présence sensible et juste, la puissance dramatique d’une gestuelle minimaliste, un sens aigu de la tension entre comique et tragique et le goût de transgresser les codes établis sans en avoir l’air. Il fait ses premiers pas dans la danse en 2005 avec Jachère, un solo de Christiane Bourget qui remporte un prix Paula Citron à Toronto. Installé à Montréal, il se présente sous les traits d’un cheval dans une première création très conceptuelle, Glass House, et se dépouille du masque dans Falaise. Il ne reviendra plus sur scène avant de danser pour Frédérick Gravel dans Tout se pète la gueule, chérie (FTA, 2010). Entre temps, il aura mis en piste Honolulu Punch pour les élèves de l’École nationale de cirque de Montréal où il enseigne, comme à l’École nationale de théâtre. Il aura aussi produit Grand singe, une brillante étude sur la rencontre d’un homme et d’une femme. En 2011, il cosigne Patinoire de la compagnie Les 7 doigts de la main ; et le duo Belle Manière, qui confirme sa maîtrise du temps et son talent à créer des œuvres puissantes dont il signe également les ambiances sonores.
À PROPOS DE GRAND SINGE
« Grand singe, c’est de la grande broderie ; tout y est justifié, tout y est bien dosé. […]Bref, c’est une note parfaite. »
Eve Lalonde, Df Danse, 15 février 2009
“Cantin’s duo for a man and woman is probably the show that managed to pack the most punch using the most minimal means this year. […] it only ended up fueling our already intense emotional reaction to the work.”
Sylvain Verstricht, Indyish, December 27th, 2009
« On prend plaisir à se perdre dans cet univers étrange et dépouillé. […] Le chorégraphe est maître du temps, réglant ses longueurs absurdes, ses cassures et son humour avec une précision d’horloger. Et son utilisation de la nudité sur scène est d’une douceur humaine et artistique qui fait du bien. C’est un théâtre du presque rien très fin, intelligemment mené et joué. Une découverte. »
Catherine Lalonde, Le Devoir, 13 février 2009
À PROPOS DE BELLE MANIÈRE
« Cette pièce est une véritable montagne russe. On la grimpe longuement, on l’entend craquer, le paysage change constamment et puis on dégringole dans toutes sortes de courbes. On a du plaisir et des hauts le coeur. Finalement, on s’en prend plein la gueule et ça fait du bien. »
Anabel Gagnon, Df Danse, 31 mai 2011
« Duo pathétique confirmant le talent de Nicolas Cantin pour créer des climats troubles et prégnants en travaillant la présence, le temps et des bandes-son exhausteuses d’émotions. »
Fabienne Cabado, Voir, 22 décembre 2011
« Nicolas Cantin, un créateur d’images fortes »
Fabienne Cabado, Voir, 2 juin 2011
UN SPECTACLE DE Nicolas Cantin
INTERPRÉTATION Gabrielle Côté + Peter James + Julien Thibeault + Ashlea Watkin
LUMIÈRES Alexandre Pilon-Guay
COPRODUCTION Festival TransAmériques
RÉSIDENCES DE CRÉATION Théâtre La Chapelle + Compagnie Marie Chouinard + Usine C
CODIFFUSION Théâtre La Chapelle
RÉDACTION Fabienne Cabado
TRADUCTION Neil Kroetsch
Création

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