
Octobre, vu de l’intérieur
Le 10 octobre 1970, les quatre membres de la cellule Chénier du Front de libération du Québec enlèvent le ministre Pierre Laporte dont on retrouve le corps une semaine plus tard dans le coffre d’une automobile. Que se passait-il dans la maison de la rue Armstrong à Longueuil où les quatre militants détenaient le ministre en otage ?
Le plan de la maison est là, au sol, pas de toit. De tous côtés, les spectateurs surplombent l’action, devenant témoins des interactions, des doutes, des actes. Martin Genest a adapté pour la scène le scénario du film Octobre de Pierre Falardeau, que le cinéaste avait écrit en collaboration avec l’un des ravisseurs. Il en a fait un engageant théâtre de l’observation.
Réactivant l’idée brechtienne d’un théâtre comme lieu d’objectivation critique des choix humains, Octobre 70 interroge avec une douloureuse rigueur les contradictions entre les convictions et l’action.
Martin Genest / Démarche oblique
Depuis quinze ans, Martin Genest poursuit une démarche artistique hétérodoxe fondée sur l’exploration du lien spatial entre acteurs et spectateurs comme en témoignent sa mise en scène de Jacques et son Maître de Kundera au Théâtre du Trident et de Festen, fête de famille de Thomas Vinterberg au Théâtre Blanc. Dans l’adaptation d’Octobre de Pierre Falardeau, il pousse plus loin son exploration des possibilités offertes par la redéfinition du rapport scène-salle pour déstabiliser les attentes des spectateurs. Il a récemment signé la mise en scène du Cabaret Gainsbourg de Pupulus Mordicus, une compagnie vouée à la marionnette pour adultes dont il est codirecteur.
Le Théâtre Blanc / L’espace scénique au cœur de la création
Le Théâtre Blanc, fondé à Québec en 1979, a connu trois périodes artistiques. Sous son premier directeur, Denis Bernard, la compagnie a exploré les milieux sociaux marginaux, principalement à travers des écritures collectives. Puis, à compter de 1987, Gill Champagne a orienté la compagnie vers un théâtre d’auteur à la parole exigeante – Daniel Danis, Normand Chaurette – et une exploration de la scénographie comme art du réel avec Jean Hazel qui prend la direction de la compagnie en 2003. Scénographe, il veut pousser encore plus loin la recherche du Théâtre Blanc sur l’espace scénique en travaillant avec des metteurs en scène intéressés à intégrer leur démarche à celle de la compagnie.
« Se situer au-dessus de l’action qui a cours, c’est un peu comme soulever le couvercle d’une marmite d’eau bouillante, retirer le toit d’une maison pour voir ce qui s’y déroule. Mais c’est aussi demander à celui qui plonge son regard, et tente de pénétrer l’insondable, de ne pas fermer les yeux. »
Sylvie Nicolas, Le Devoir, 15/03/2010
« Disposé sur trois étages, le public devient témoin direct de l'action se jouant au sol, comme s'il regardait dans une maison dont on aurait enlevé le toit. Identification et tension au premier étage, distance et réflexion au troisième, le dispositif (Jean Hazel), ingénieux, suscite différentes réactions. Proposition audacieuse, jeu solide, utilisation inventive des projections (Lionel Arnould): la pièce interpelle, interroge et surtout, montre des personnages pris dans une mécanique dont le moteur s'est emballé.»
Marie Laliberté, Voir, 11/03 2010
« De simples projections vidéo de dates au plancher et les extraits radio d’époque permettent de marquer le passage des jours. Plus ceux-ci avancent, plus la tension est à couper au couteau. »
Éric Moreault, Le Soleil, 5/03/2010
UN SPECTACLE DE THÉÂTRE BLANC
INSPIRÉ LIBREMENT DU SCÉNARIO DU FILM OCTOBRE DE / BY PIERRE FALARDEAU TIRÉ DU LIVRE POUR EN FINIR AVEC OCTOBRE DE FRANCIS SIMARD IDÉE ORIGINALE, ADAPTATION THÉÂTRALE, MISE EN SCÈNE MARTIN GENEST AVEC VINCENT CHAMPOUX + ÉRIC LEBLANC + LOUIS-OLIVIER MAUFFETTE + RENAUD PARADIS + LUCIEN RATIO SCÉNOGRAPHIE JEAN HAZEL ENVIRONNEMENT SONORE STÉPHANE CARON COSTUMES HUGUETTE LAUZÉ LUMIÈRES LOUIS-XAVIER GAGNON PROJECTIONS LIONEL ARNOULD DRAMATURGIE MIRA CLICHE
PRÉSENTATION EN COLLABORATION AVEC PLACE DES ARTS
CRÉATION AU THÉÂTRE PÉRISCOPE DE QUÉBEC PAR LE THÉÂTRE BLANC EN MARS 2010
RÉDACTEUR PAUL LEFEBVRE
Tarif régulier : 32 $
30 ans et moins, 65 ans et plus : 26 $
Jusqu’à 40% de réduction à l’achat d’un forfait
3 spectacles et plus
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