
Fondus dans le macadam
Un essaim de performeurs multicolore envahit Montréal et se fond dans le décor. Leur mission : s’offrir comme unité de mesure de l’espace en remplissant les vides apparents dans l’aménagement urbain ; injecter un supplément d’humanité là où règnent le béton, le métal et les gaz d’échappement.
Ils avancent par grappes, prennent d’assaut les façades, s’empilent, s’accrochent, se suspendent, se perchent. Nichés sur les marquises, agglutinés autour des bancs, des poteaux, ils s’emboîtent dans de vertigineuses installations sculpturales. Œuvres éphémères de corps anonymes enchevêtrés. Au fil d’un étonnant parcours, la foule s’épaissit de spectateurs ébahis et avides d’un surplus de fascinantes invraisemblances.
Interrogeant à la fois notre perception du mouvement et de l’environnement, le chorégraphe autrichien Willi Dorner suscite un engouement immédiat partout où il passe avec Bodies in Urban Spaces. Jamais création in situ n’a aussi bien réussi à transformer le paysage urbain et le regard qu’on y porte.
Willi Dorner, interdisciplinaire et indiscipliné
Né en 1959 à Baden, en Autriche, Willi Dorner affiche une formation atypique qui mêle danse moderne, éducation somatique, analyse du mouvement, danse-thérapie, philosophie et arts visuels. Il fait ses premiers pas de chorégraphe dans les années 1980 tout en dansant pour diverses compagnies autrichiennes et new-yorkaises. S’éloignant volontiers des théâtres et des formes de création habituelles, il est mondialement reconnu pour son travail in situ et ses chorégraphies en salle, réalise des films expérimentaux en marge de ses œuvres chorégraphiques, et collabore régulièrement avec des artistes et des scientifiques d’horizons divers pour questionner notre perception du monde et des individus.
La compagnie de tous les espaces
Fondée à Vienne en 1999, la Cie. Willi Dorner a produit plus de 20 œuvres pour la scène, le cinéma, les galeries et autres lieux. Parmi celles-ci, l’exposition Feet of Contemporary Choreographers a été montée avec Lisa Rastl, photographe associée au projet Bodies in Urban Spaces, dont Willi Dorner a tiré le film Body Trail ; Dance Karaoke revitalise la tradition de danser en groupe ; Dolly and Me et anywhere-somewhere-everywhere offrent de passionnantes variations sur le double ; et Stick Solo compte au nombre des brillantes études sur la relation du corps à l’espace présentées en salle, dans les rues, les immeubles ou les appartements.
« Paris, Berlin, Londres, Philadelphie, une multitude de villes ont été les scènes de spectacle de ses projets. (…) Un peu de folie et d’humour dans notre train-train quotidien ça fait beaucoup de bien! »
Le Journal du design, 26/01/2011
“The performers (…) were stuck under a table at a street café, (…) sandwiched at uncomfortable angles between lampposts, street signs and walls, embellishing telephone boxes…”
John Mallinson, Ballet magazine, octobre 2009
« Par ses sculptures éphémères, le chorégraphe donne à l'architecture un autre sens, une autre perception. »
Libération, Marie-Christine Vernay, 28/07/2007
UN SPECTACLE DE CIE WILLI DORNER
CONCEPTION ET CHORÉGRAPHIE WILLI DORNER ASSISTANCE AU CHORÉGRAPHE ESTHER STEINKOGLER
AVEC LE SOUTIEN DE OFFICE CULTUREL DE LA VILLE DE VIENNE + AUSTRIAN MINISTRY OF ARTS AND CULTURE, BMUKK
CRÉATION AU VIERTELFESTIVAL NÖ – INDUSTRIEVIERTEL, À BADEN (AUTRICHE) EN 2007
RÉDACTRICE FABIENNE CABADO
Gratuit
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